Thomas Shotter Boys (1803-1874), Centenary Exhibition, Nottingham, University Art Gallery - Londres, Thomas Agnew and Sons Ltd., 1974, n° 38, pl. IX
Aquarelles et dessins anglais : une promenade. Fondation Custodia, Collection Frits Lugt. Paris. n°5
BOYS, Thomas Shotter
Pentonville, 1803 - Londres, 1874
Le pont des arts vu du quai du Louvre, 1833
1833
Aquarelle, rehauts de gouache blanche, gomme arabique sur des traits à la mine de plomb
H.: 0,166 m.; L.: 0.275 m.
Signé and daté: Thomas Boys /1833
Paris, Fondation Custodia
n° 9323
Arts graphiques
Provenance : Philipp-Konstantin, comte de Berckheim, château de Weinheim, Bade (vente Londres, Sotheby's, 7 avril 1970, n° 81 à Thomas Agnew pour Lugt).
19e siècle
Dans une lettre de 1833 adressée à son ami Henry Mogford, année même de l'oeuvre conservée à la Fondation Custodia, Boys écrit qu'il veut peindre « Paris as it is », expression qu'il reprendra pour son ouvrage sur Londres, « Original Views of London as it is », publié en 1842. Cette oeuvre est considérée par tous les amateurs comme l'un des chefs-d’oeuvre de l'artiste, dépassant même certaines réalisations de Thomas Girtin (1775-1802) et de Bonington sur le même motif. La vivacité, la souplesse mais aussi la poésie qui s'en dégagent doivent certainement à la liberté d’une seconde oeuvre. En effet une version plus ancienne, plus grande aussi, datée de 1831 (photo archives du Yale Center for British Art n° 123 708), semble moins sensible. Il faut signaler aussi dans un album conservé au Victoria and Albert Museum à Londres une vue exactement semblable faite au crayon en 1831, mais dessinée par William Callow avec des annotations pour les couleurs (cf. Reynolds, 1980, ill. n° 2). C’est l'année même de la rencontre des deux artistes. Boys fut d'abord un graveur mais lorsqu'il vint à Paris en 1825, il rencontra Bonington qui le convertit à l'usage de l'aquarelle. Il entretint avec ce dernier une relation de profonde amitié jusqu'à la mort précoce du jeune artiste. Parmi les autres influences avouées de Boys, l'artiste citait lui-même Girtin dont les vues de Paris lui semblaient absolument parfaites : «ses dessins sont si exacts qu'il n'y a pas un trait de trop». Boys fut aussi l'un des plus talentueux lithographes des années 1830-1840, travaillant en particulier pour les Voyages pittoresques du Baron Taylor (1789-1879). Il semble, d'après Callow, que Boys eut un caractère quelque peu excentrique, caractère que l'on peut imaginer au travers des rares lettres connues de lui. Il retourna à Londres en 1837. Il travailla aussi pour John Ruskin, en particulier pour l'illustration de ses livres Modern Painters et The Stones of Venice. Il exposa régulièrement à la New Watercolour Society de 1832 à 1873. Il mourut dans l'indigence.
Roundell, Thomas Shotter Boys, 1803-1874, Londres, 1974, pp. 29, 31, 94, pl. 27.
Sutton, 'British artists abroad', in Apollo, CIV 1976, p. 70, fig. 1.
Simoën, Le voyage en France, 1997, p. 207 repr.
Fierro, Thomas Shotter Boys. Voyage à Paris, 2000, pp. 60-61 (repr. couleur)
Olivier Meslay, Aquarelles et dessins anglais : une promenade. Fondation Custodia, Collection Frits Lugt. Paris. P. 18-20 et 57