Collection

L'art des Etats-Unis en France jusqu'en 1940  

La Troisième République, 1870-1914

Sous la Troisième République, la renommée de l’art américain dans le monde artistique français s’accroît considérablement. Les étudiants en art américains viennent en masse à Paris, les amateurs d'art américains se mettent à collectionner des œuvres d'artistes français et américains, et l'art américain est de plus en plus apprécié. En 1879, le gouvernement français achète le premier tableau américain destiné spécialement aux collections publiques : Le Retour, de Henry Gustave Mosler.

L'afflux d'étudiants au cours des années 1870 coïncide avec la montée de l'impressionnisme. Les impressionnistes rejettent les principes académiques ainsi que la hiérarchie traditionnelle des genres qui accorde une préférence aux sujets historiques soigneusement élaborés. Ils optent pour des scènes de la vie quotidienne et des loisirs des classes moyennes, utilisant une palette simplifiée de couleurs éclatantes. La plupart des artistes américains étudiant à Paris pendant cette période ne tiennent pas compte de ces innovations (considérées comme radicales dans les années 1870) mais il y a quelques exceptions notables comme Mary Cassatt, qui s'installe à Paris en 1874, expose avec le groupe des impressionnistes à plusieurs reprises ; John Singer Sargent (résidant lui aussi à Paris à cette époque) peint, sous l'influence de Claude Monet, des tableaux vifs représentant des scènes de la vie contemporaine. Dans les années 1880, ce nouveau style de peinture est en phase avec les goûts du public et, au fur et à mesure qu'il cesse d'être perçu comme radical, il attire un plus grand nombre de collectionneurs et d'artistes américains. À la fin du XIXe siècle, l'impressionnisme de la deuxième génération est quasiment devenu un style « par défaut » dans les colonies d'artistes américains en France et aux États-Unis.

Pendant cette période, tandis que certains artistes américains s’installent dans la campagne française, d'autres se tournent vers des sujets orientaux. Ils subissent l’influence d’une génération de professeurs des écoles d'art françaises, comme Jean-Léon Gérôme, qui se sont rendus célèbres par des tableaux représentant des sujets romantiques et historiques orientaux. La palette éclatante et la facture libre nées de l'impressionnisme se prêtent bien à la représentation de la lumière et des couleurs éclatantes du climat méditerranéen : des artistes comme Edwin Lord Weeks et Grace Ravlin représentent la vie quotidienne des pays du Maghreb, dans un style combinant la technique libre des impressionnistes et des sujets délibérément exotiques.

Les arts décoratifs américains prirent une nouvelle importance au cours des années 1880. Tiffany & Co. fut la plus importante des entreprises américaines dont les produits devinrent populaires en Europe. Tiffany Design fut un précurseur de l'Art Nouveau, reproduisant des formes naturelles du monde végétal ou animal de manière élégante et très stylisée. Le design joua aussi un rôle important dans l'architecture nouvelle conçue par Frank Lloyd Wright ou Louis Sullivan, qui influença les arts décoratifs en France.