Collection

L'art des Etats-Unis en France jusqu'en 1940  

Les colonies d'artistes

Dans les années 1880, les artistes américains commencent à établir des colonies d'artistes en dehors des centres urbains. Suivant l'exemple des impressionnistes français, certains choisissent de travailler dans les nouveaux lieux de villégiature situés non loin du périmètre parisien, comme Giverny (où Claude Monet s'était établi en 1883). Parmi les artistes américains qui s'installent à Giverny, on retrouve John Singer Sargent, Frederick MacMonnies, Willard Metcalf, Lila Cabot Perry et Theodore Robinson. D'autres se regroupent dans des villes balnéaires comme Etaples, Brest ou Collioure. La renommée des ces régions « pittoresques » découle en partie de l’engouement pour le style impressionniste, qui privilégie l'effet spontané de la peinture en plein air. L'exode vers la campagne est peut-être aussi provoqué par l'industrialisation et l'urbanisation de la France. Dans les années 1870, les impressionnistes comme Monet ou Gustave Caillebotte s’attachaient à représenter la frénésie de la vie urbaine, choisissant souvent des sujets explicitement modernes comme les gares ou les ponts nouvellement construits. Mais dans les années 1880, les artistes associés au mouvement impressionniste se tournent vers des sujets plus intimes, préférant des scènes pittoresques de loisirs cultivés aux images réalistes de la ville moderne et trépidante. Certains impressionnistes américains, comme Childe Hassam, peignent des tableaux vifs représentant la vie urbaine à Paris ou à New York pendant cette période. Mais pour la plupart des artistes, les colonies sont symbole d’évasion, de refuge loin de la modernité urbaine.