Collection

L'art des Etats-Unis en France jusqu'en 1940  

Images de guerre, 1914-1918

La Première Guerre mondiale bouleversa l'art américain. Des artistes qui avaient jusque-là peint des paysages se tournèrent plutôt vers des sujets de guerre. Childe Hassam ­ peut-être le plus en vue des impressionnistes américains ­ réagit à la déclaration de guerre avec une série de tableaux populaires et ouvertement patriotiques, représentant des drapeaux américains et des banderoles, peints avec des empâtements de couleurs vives. A la différence de Winslow HOMER qui, durant la guerre de Sécession avait illustré la vie du front et ses tourments, Chase, comme la plupart des impressionnistes, choisit de ne pas représenter la réalité des combats.

Avec la guerre, une nouvelle génération d'artistes américains arriva en France et ils furent nombreux à s’intéresser aux nouveaux styles qui anticipaient le réalisme social des années 1920. Beaucoup d'œuvres furent créées par des artistes sans formation qui arrivèrent en France en tant que militaires, infirmiers ou travailleurs humanitaires, comme Jack Morris Wright.

En réaction à la guerre, les sculpteurs américains commémorèrent ses victimes. Durant l'immédiate période d'après-guerre, la France compta plusieurs monuments publics créés par des artistes américains. Certains de ces monuments furent détruits quelques décennies plus tard lors de la Seconde Guerre mondiale ; tel fut le cas de la gracieuse sculpture de Gertrude Vanderbilt Whitney, Monument au débarquement des troupes américaines. D'autres, comme Mémorial Américain, l'œuvre colossale de Frederick MacMonnies à Meaux, subsistent toujours. Dans un registre plus intime, le sculpteur John Flanagan créa une médaille pour commémorer l'un des moments décisifs de la guerre, la bataille de Verdun.

La guerre fut quelquefois à l'origine de liens durables entre Français et Américains. La philanthrope et mécène Ann Morgan organisa sur ses propres fonds des réseaux d’ambulances et d’hôpitaux ; elle participa à la création d'une fondation destinée à promouvoir les échanges entre les deux pays. C’est autour d’elle que fut fondé le Musée national de la Coopération franco-américain au château de Blérancourt dédié au souvenir de la participation française à la guerre de l'indépendance américaine et à l'oeuvre charitable des Américains pendant la Grande Guerre ; après le départ de la fondatrice, l'État repris la gestion des lieux et créa le Musée National de la Coopération franco-américaine en 1931. Aujourd'hui, ce musée possède une collection remarquable de dessins et de peintures américains des années de guerre.