Chefs d'œuvre

Sculptures et médailles  

Médailles

A partir de la période coloniale, de nombreux sculpteurs américains conçurent et fabriquèrent des médailles commémoratives dont beaucoup sont aujourd'hui conservées dans les collections publiques françaises. Pendant la guerre d'Indépendance, de nombreuses médailles étaient commandées à des fonderies françaises comme Duvivier, Gatteaux et Dupré pour commémorer des batailles importantes. Au début du XIXe siècle, d'autres médailles furent créées dans des fonderies américaines comme celle de C.C. et C.W. Wright.

Tout au long de la première moitié du XIXe siècle, des médailles furent crées pour honorer presque chaque événement d'importance politique ou nationale ; mais d'autres commémoraient des événements civils régionaux dont la plupart sont tombés dans l’oubli depuis longtemps. Les médailles de cette période comportent souvent des motifs gravés délicats et complexes ; elles témoignent d'un haut niveau de savoir-faire dans l'art du moulage et du bas-relief.

Les collections publiques françaises conservent des exemples de médailles qui commémorent chaque élection présidentielle jusqu'en 1852, ainsi que d'autres en l'honneur de victoires durant la guerre de l'Indépendance, la guerre de 1812 ou la guerre du Mexique. Les événements ayant eu lieu en temps de paix sont également représentés dans les collections, notamment par une médaille fabriquée pour la fondation du Libéria en 1833, une médaille abolitionniste datant de 1838, une médaille pour l'achèvement du Croton Aqueduct en 1837, et une autre pour l'ouverture de l'Exposition Universelle de New York en 1853.

Vers la fin du XIXe siècle, les médailles créées par les sculpteurs devinrent des objets d'art de collection. Une médaille était un objet intime, de petit format, résistant à l’épreuve du temps ; elle pouvait donc servir de gage d'amitié ou d'amour. Beaucoup des médailles de la fin du XIXe siècle dans les musées de France furent façonnées pour célébrer les intimes des artistes. Augustus Saint-Gaudens apporta un nouveau raffinement dans l'art du bas-relief avec les médailles qu'il conçut pour ses amis et connaissances au cours des années 1880 et 1890, comme son Portrait de Robert Louis Stevenson (1887). Frederick MacMonnies, qui comme son maître Saint-Gaudens créait aussi bien des sculptures monumentales que des petites médailles, exécuta Niagara, une médaille commandée par la Cataract Construction Company of Niagara, New York, en 1892, et exposée au Salon de Paris la même année.

Les médailles étaient prisées des artistes qui voulaient commémorer avant leur disparition ; en effet, les tribus indigènes du sud-ouest avaient déjà été désarmées et déplacées quand Edward Warren Sawyer conçut sa série de médailles de chefs indiens, y compris Apache "Agua Caliente” de 1908. Les victimes de la Première Guerre mondiale inspirèrent aux sculpteurs une nouvelle gamme de médailles commémoratives de guerre. Un des plus beaux exemples dans les collections françaises est la médaille créée par l'artiste américain John Flanagan pour commémorer la bataille de Verdun, Ils ne passeront pas, qui date de 1920.