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© Photo Réunion des musées Nationaux - Gérard Blot

Blérancourt, Musée franco-américain du château de Blérancourt

© Photo Château de Blérancourt - M. Poirier

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Expositions

Sur le sentier de la découverte, rencontres franco-indiennes du XVIe au XXe siècle, Blérancourt, Musée National de la coopération franco-américaine, 27 juin - 12 octobre 1992.

CATLIN, George

Né au moment de la déclaration d'Indépendance, Geroge Catlin porte le prénom du premier président américain et grandit dans un monde métissé : un pied dans une famille de colons humanistes et classiques, un pied dans la familiarité des indiens qu'il chercha toute sa vie à approfondir. En 1823, il abandonne ses études de droit pour embrasser une carrière artistique. Trois ans plus tard, il réalise son premier portrait d'indien, démarrant une véritable somme d'œuvres d'art sur le sujet, sans précédent et sans que l'on sache réellement les raisons d'un tel investissement. De 1830 à 1836, il partagea la vie et les itinérances de 48 tribus du Mississipi supérieur, dans la région des lacs. Son travail était méthodique car il avait pour objectif de sensibiliser le Gouvernement à la condition des indiens, il souhaitait les faire connaître par le biais d'expositions et de conférences à travers le pays et surtout par la réalisation d'un musée qui leur serait consacré. En 1939, malgré sa popularité, le Congrès refuse l'acquisition de 310 portraits et 200 peintures. Il décide alors de se rendre en Europe avec sa collection personnelle d'œuvres et d'objets. A Londres, il rencontre 14 indiens Ioways qu'il associe à son projet. Ils participent par des tableaux vivants à l'œuvre de Catlin et remportent un succès immédiat. Ils sont invités à Windsor par la reine d'Angleterre puis partent en tournée en Irlande et Ecosse.

En 1845, criblé de dettes, il se rend à Paris avec « ses » Ioways. La galerie indienne, exposée salle Valentino connait un immense succès comme en témoignent les récits de George Sand, Victor Hugo ou Charles Baudelaire. Ils sont reçus aux Tuileries par le roi Louis-Philippe qui assiste avec la reine Marie-Amélie à un spectacle de danse immortalisé par le peintre Karl Girardet (1813-1871) (Versailles Musée national du château et des Trianons). Cette même année, trois Ioways meurent de la tuberculose et la tribu décide de rentrer aux Etats-Unis. Un groupe d'indien Ojibways fraichement arrivés de Londres les remplace. A la demande du roi, l'indian gallery est présentée au Louvre et Catlin réalise quinze copies légèrement agrandies d'originaux de sa collection. Livrés en 1845, ce sont les tableaux inscrits à l'inventaire du Musée du Louvre et conservés en grande partie au Musée du Quai Branly actuellement. L'aventure aurait put s'arrêter là, mais Louis-Philippe, conquis, lui commanda une nouvelle série de 27 toiles illustrant les expéditions de Cavelier de la Salle. Livrée en 1847, la série de Cavelier de la Salle, ne fut jamais réglée et le gouvernement français restitua les œuvres à l'artiste (La série est désormais conservée à Washington, National Gallery of Arts). Avec la Révolution de 1848, Catlin fuit la France et se réfugie à Londres où il rédige deux gros ouvrages :Catlin's letters and notes... à propos de ses épopées dans le Far West américain et Adventures of the Ojibways and Ioways Indians in England, France and Belgium, récit de son voyage en Europe. Il vendit alors de nombreuses copies de ses propres œuvres pour réduire ses dettes. Il fut finalement contraint de vendre l'intégrité de sa galerie à un ingénieur de Philadelphie, Joseph Harrison qui la stocka dans un de ses entrepôts d'où elle ne fut exhumée qu'en 1879 pour intégrer les collections de la Smithonian Institution. De son côté, Catlin ne cessa jamais de peindre les indiens, il poursuivit ses nombreux voyages, et ne renonça pas à son idée de Musée indien qui le hanta jusqu'au bout: « What will become of my gallery ? » demandait-il à sa fille Clara, avant de mourir en 1872.

M-A SL -Février 2010


Wilkes-Barre, Pennsylvania, 1794 - Jersey City, New Jersey, 1872

Jeu de balle indien
Indian Ball Game

LP 6694; 63 C Dép. 1

vers 1846

Huile sur toile

H: 0, 65 m; L.: 0, 81 m.

Blérancourt, Musée franco-américain du château de Blérancourt

Peinture

De 1787 à 1865


Historique

Commandé par le roi Louis-Philippe en 1846 pour les Galeries Historiques, Versailles.
Pas mentionné sans l'inventaire Morel-Fatio du Musée de la Marine.
Déposé au Musée franco-américain du château de Blérancourt.


Commentaire

Ce tableau reproduit un tableau peint entre 1830 et 1836, lors du séjour de l'artiste parmi les tribus indiennes.

"Plusieurs centaines d'Indiens Chactas et Creeks, animés au jeu de balle ainsi que l'artiste en a été témoin près de la rivière d'Arkansas. voir pour la relation complète de cette scène curieuse le 2° vol des notes de Catlin X, p. 124." (Source: Dossiers du Musée du Louvre, 1846, inventaire LP, Fol 407)



Oeuvres en rapport

Afin d'honorer une commande du roi Louis-Philippe, George Catlin reproduisit plusieurs de ses oeuvres: des scènes tribales réalisées sur le vif, lors de son séjour parmi les indiens des plaines, entre 1830 et 1836, des portraits de chefs Ojibways rencontrés à Paris en 1846 et de chefs Ioway rencontrés à Londres.
A l'exception du jeu de balle indien conservé au Musée franco-américain du chateau de Blérancourt et de deux tableaux dont la localisation reste à confirmer, tous ont été confiés au Musée de l'Homme - Quai Branly.


Bibliographie

George Catlin, Catalogue raisonné de la Galerie Indienne, Paris (2 éditions), 1845;

George Catlin, Illustrations of the manners, customs and conditions of the North American Indians, London, 6th edition, 2 vols., 1848;

George Catlin, Catlin's Notes of eight years' travel and residence in Europe with the North American Indian collection, London, 2 vols., 1848;

Courrier du Louvre, Revue des Beaux-Arts, XV° Livr., 1850, p 277;

Harold McCracken, George Catlin and the Old Frontier, New York, 1959;

Les Indiens de la Prairie. Dessins et notes sur les moeurs, les coutumes et la vie des Indiens de l'Amérique du Nord, Club des Libraires de France, Paris, 1959;

George Catlin, peintre des Indiens, Centre culturel Américain, Paris, 1963;

Guide du Musée national de la coopération franco-américaine de Blérancourt , 1966, fig. 72;

Thomas L. McKennoy and James Hall, The Indian Tribes of North America, Edinburgh, 3 vols., 1972;

Daniel Lévine, Amérique, continent imprévu, la rencontre de deux monde, éd. Bordas, Paris, 1992, p. 109;

Peter Matthiessen, George Catlin les indiens d'Amérique du Nord, éd. Albin Michel, 1992;

Véronique Wiesinger (dir.) , cat. exp. Sur le sentier de la découverte, rencontres franco-indiennes du XVIe au XXe siècle, Blérancourt, Musée National de la coopération franco-américaine, 1992, fig. 16, p. 28.

Guide de l'exp. A la rencontre des Amériques, de l'Alaska à la terre de feu, Musée de l'Homme, Paris, 1993;

Cat. exp. Parures d'histoire, peaux de bisons peintes des indiens d'Amérique du Nord, Paris, Musée de l'Homme, 1993;

Au centre du monde. Les indiens des plaines d'amérique du Nord, Boulogne-Billancourt, 1999, p. 131;

Daniel Fabre et Claude Macherel, dossier "Le musée indien de George Catlin", Gradhiva, revue d'anthropologie et de muséologie, n°3 nouvelle série, musée de Quai Branly, juin 2006.

William H. Truettner, "Témoignage d'une race disparue, La Galerie Indienne de George Catlin, " Connaissance des Arts, janvier 1982, n°359;

Kathryn S. Hight, "Doomed to perish: George Catlin's depictions of the Mandan, " Art Journal 1990, volume 49, n°2;

Brian W. Dippie, Therese Thau Heyman, Christopher Mulvey, Joan Carpenter Troccoli, cat. exp.: George Catlin and his Indian Gallery, éd. George Gurney and Thérése Thau Heyman, Smithonian American art Museum, W.W. Norton & Company, 2002.