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G. Poncet


Lieu de conservation

Paris, musée du Louvre

AF6939

Fragment de large coupe à pied bas et bord festonné

provenance inconnue

7e siècle

D. : 27 cm ; H. : 10, 5 cm

Vaisselle de service

Pseudo-sigillée peinte

Terre cuite rose sombre, dense, à inclusions rares, blanches ; très fins grains de mica doré.

Tourné et peint

Oiseau à collier dans le médaillon et personnages vêtus à l'orientale sur les flancs intérieurs ; dessins brun-noir avec des rehauts de rouge orangé. Engobe ivoire, très visible au revers.


Commentaires

Le type de plat est assez courant dans les sites d'époque tardive. Le décor occupe tout l'intérieur de la coupe et s'ordonne en frise autour d'un médaillon central enfermant un oiseau orientalisant, à collier, finement détaillé en noir avec des rehauts oranges. Suivant le type de représentation récurrente de l'aigle, ses ailes sont déployées ; il est posé de face et tourne la tête à droite. Il est cerné d'un cadre circulaire orné de vagues oranges et noires.
Le motif de la frise est très lacunaire mais on distingue deux personnages, bras levés et tendus vers leur droite ; vêtus probablement d'une tunique orientale à manches longues et légèrement bouffantes aux hanches, leurs pieds sont chaussés de bottines. Il devait y avoir un troisième personnage car on aperçoit un bout de bottine au-dessous de la restauration de plâtre, à la gauche du personnage médian. Le personnage le moins abîmé est accosté d'un gros oiseau orientalisant dont le plumage est rendu différemment de celui de l'oiseau central, mais ses pattes sont tout aussi griffues. Le reste du champs semble occupé par des végétaux stylisés ou des flammèches. Trois personnages aux bras levés évoquent Les Trois Hébreux dans la fournaise mais il pourrait s'agir aussi de danseurs, bien que ce genre de représentattion soit plutôt rare. La représentation des Trois Hébreux dans la fournaise très fréquente à la période paléochrétienne, notamment sur les sarcophages et dans les catacombes, devient plus rare à la période byzantine mais se rencontre toujours dans la peinture murale et des coffrets d'ivoire (reliquaire de Brivio BJ 1951 au musée du Louvre http://cartelfr.louvre.fr/cartelfr/visite?srv=car_not_frame&idNotice=20752 et celui de Thessalonique).
En ce qui concerne la céramique, un parallèle peut être mentionné : il s'agit de trois tessons faisant partie d'un grand vase fermé, appartenant à une collection particulière, publiés dans le catalogue de l'exposition " L'Egypte en Périgord, sur les pas de Jean Clédat, " Périgueux , 1991, sous le n° 93 (photo).
Il serait intéressant aussi de faire le rapprochement avec un fragment de plat de même type, bien que de style différent, exhumé à Maréa, dans les fouilles de la basilique et orné d'une scène dite dionysiaque qui n'est pas sans rappeler le fragment du Louvre. ( publié dans Kemet 3/2005, p. 64.). Un fragment de plat de type identique mais de style plus proche est passé en vente chez Christie's le 23 octobre 2003, sous le numéro 137, sans provenance et proposé du 5e ou 6e siècles.
La forme ainsi que la pâte de la coupe sont comparables à celles des coupes E 11766 et AF 5079 dont nous avons établi le paralèlle avec les coupes des Kellia (Kellia IV, n° 217-220).






Bibliographie

Ballet P. Coptic encycl. t.II, 1991, p.485ss ; Archivio di filosofia n°6939. C.Lyon-Caen, Etudes coptes VI, 2000, p. 53.