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G. Poncet


Lieu de conservation

Paris, musée du Louvre

E11766

Grand plat à rebord dressé, biseauté, fond plat, sans pied

Egypte

7e-9e siècles

D. : 43 cm ; H. : 5 cm

Vaisselle de service

Pseudo-sigillée peinte

Terre cuite fine, rose sombre à rares inclusions blanches

Tourné et peint

Palmettes en éventail, rinceaux de vigne, hachures autour d'un quadrillage, peint en brun/violet avec des rehauts de blanc. Engobe ivoire.

achat 1925, à l'antiquiare Nahman du Caire


Commentaires

Le décor est un mélange de motifs typiquement coptes comme les "hachettes", les feuilles en éventails, les grillages et de motifs d'inspiration hellénistique comme les rinceaux de vigne. Il s'ordonne en trois cercles concentriques de largeurs variées : une zone étroite de "hachettes" bicolores courant autour d'un rinceau de vigne portant ; mélées à ses grappes de raisins, des feuilles en éventail rappelant le lotus ; un dernier cercle quadrillé cerne un médaillon occupé par un motif de résille enfermant des cercles pointés et des pois noirs.
La forme de large plat à rebord bas simplement redressé et large fond sans pied apparaît à l'époque romaine tardive (4e siècle), classée dans le type 49 (photo) des céramiques sigillées chez Hayes, dépourvu de décor peint ; l'Égypte en a fourni peu d'exemplaire, un peut-être à Armant, mais non peint.
En revanche, cette forme avec décor glaçuré se retrouvera à l'époque abbasside (VIIIe-Xe siècles) dont le Louvre possède un exemplaire conservé au département des arts de l'Islam (OA 7474 http://cartelfr.louvre.fr/cartelfr/visite?srv=car_not_frame&idNotice=26113) de provenance irakienne.
Ce style de composition en frises concentriques évoque aussi les plats de céramique glaçurée à décor incisé médiévale des ateliers corinthiens ou constantinopolitains (XIIe siècle), notamment ceux découverts dans une épave de Sporades (Alonnesos) conservé au musée de Nea Anchialos et publiés par D.Papanikola-Bakirtzi (Byzantine glazed Ceramics, Athènes, 1999, p. 122-142, surtout les n° 145, 149).
Ces indices invitent à proposer une date assez basse pour ce grand plat.
A ce propos, il est intéressant de se poser la question du réseau des influences artistiques dans la koïné méditerranéenne durant ce haut moyen-âge. Les ateliers de potiers grecs ont pratiquement cessé leurs productions après les invasions Avars à l'extrême fin du 6e siècle jusqu'au 9e siècle date à laquelle Byzance rétablit son autorité sur la Grèce. A partir du 10e siècle, les activités des ateliers reprennent et il est légitime de se poser la question d'une influence copte, probablement véhiculée par Byzance, sur ces nouvelles productions corinthiennes.


Bibliographie

Neyret 88 ; Pierrat 1995, p.31, 33, fig.4 ; A.Badawy, Coptic art and archaeology, Londres, 1978, p. 312, fig. 4