Portrait d’une femme noire

Sur les pas de Beyoncé et de Jay-Z

Portrait de Madeleine, ou Portrait d’une femme noire

Marie-Guillemine Benoist

En 1800, Marie-Guillemine Benoist, ancienne élève de David, présente au Salon un portrait. La jeune peintre se montre digne de son maître : elle respecte les codes du genre et la manière néoclassique. Le modèle pose, le corps de trois quarts et le visage de face, la touche est lisse, les contrastes francs et le décor dépouillé, comme chez David. Marie-Guillemine Benoist ne visait pas seulement à montrer sa maîtrise picturale. Elle a choisi comme modèle une inconnue de couleur noire, une ancienne esclave, qu’elle a dépeinte en respectant les codes du portrait mondain. C’est bien une idée que défend aussi la jeune peintre au moment même où l’abolition de l’esclavage fait débat.

Artiste femme et modèle noir

Jusqu’au milieu du 20e siècle, le milieu artistique est essentiellement masculin : au Louvre, on trouve bien peu d’œuvres signées de la main d’une femme. Le sujet, une femme noire, est lui aussi extrêmement rare dans l’histoire de l’art. Le clip d’« Apeshit » en met l’accent sur ce thématique, notamment avec la jeune femme représentée par Guillemine Benoist, ou encorele héros du Radeau de la Méduse brandissant un drapeau. Au-delà de leur qualité esthétique, certains chefs-d’œuvre se mettent au service d’idéaux…