Carrache : Pensées et impensés du plafond

19 Janvier 2026

Carrache : Pensées et impensés du plafond

ColloquesAdultes

19 Janvier 2026

L’exposition Dessins des Carrache. La Fabrique de la Galerie Farnèse présentera trois plafonds au public : celui de la Galerie et du Camerino du palais Farnèse ainsi que celui de la Galerie des Ambassadeurs, une réplique de la Galerie Farnèse voulue par Louis XIV au palais des Tuileries, dont les grands cartons préparatoires conservés au Louvre constituent les derniers vestiges. A cette occasion, proposition est faite de porter notre regard au-delà des seuls Carrache et de nous étonner :  comment le plafond a-t-il pu être pendant des siècles un enjeu majeur du grand décor, un terrain d’expression privilégié pour les artistes, et se réduire bien souvent aujourd’hui à l’état de « faux-plafond », membrane entre un espace à vivre et une zone technique ? Quelle actualité du plafond aujourd’hui ? Pour répondre à cet étonnement, des compétences diverses seront invitées à s’exprimer : historiens de l’art mais aussi philosophes, architectes et artistes contemporains.

Organisé par Victor Hundsbuckler, conservateur, département des Arts graphiques, musée du Louvre 

Programme

 

9h30 - Accueil café

10h - Mots d’introduction 

Victor Hundsbuckler, conservateur, musée du Louvre 

 

Première session 

10h30 - Playdoyer pour un dessin délaissé. L’INV 7184 du département des Arts graphiques

Carel Van Tuyll, chercheur indépendant 

Une grande feuille représentant le Triomphe indien de Bacchus et Ariane, classé comme une œuvre de l’atelier d’Annibale Carracci au Louvre (INV 7184), est rarement pris en compte dans les études sur la Galerie Farnèse. Un examen plus approfondi peut conduire à une réévaluation du dessin et apporter un nouvel éclairage sur la problématique difficile des dessins à la plume et au lavis d'Annibale pendant les années 1595-1601.

11h - Some reflections on Agostino Carracci’s role in the Farnese Palace frescoes’

Aidan Weston-Lewis, Chief Curator, National Galleries of Scotland

This paper will reconsider the evidence for Agostino’s contributions to the decoration of the Camerino and the Galleria Farnese. Using preparatory drawings as its point of departure, including several of those in the Louvre’s current exhibition, it will offer some new proposals for discussion. It will conclude with some thoughts about the implications of these proposals for the chronology of the two projects.  

11h30 - La place des stucs dans les décors du Palais Farnèse à la lumière des chantiers de restauration.

Colette di Matteo-Lablaude, conservateur honoraire 

Les choix techniques et esthétiques pour la restauration des stucs de la galerie des Amours des Dieux, lors du chantier de 2012-2015, ont favorisé un parti qui ne s’accorde pas totalement à l’image qui en est donnée dans le trompe l’œil peint de la voûte. Quelle lecture aujourd’hui peut-on faire de ce constat, en regard des données historiques ? Et quelle réflexion critique peut-on proposer pour les autres décors de « stucs » ?

12h - Questions

12h30 - Pause déjeuner 

 

Deuxième session 

Modération de Francesca Alberti,  James and Victoria Corcoran Curator of Italian 16th-century Paintings , National Gallery

14h - Les dessins des Carrache : réflexions sur la méthodologie de l’attribution

Samuel Vitali, collaborateur scientifique, Kunsthistorisches Institut in Florenz – Max-Planck-Institut

Les études sur l’œuvre des Carrache, en particulier leurs dessins, sont contrariées par de grandes difficultés d’attribution, définies déjà en 1997 par Clovis Whitfield comme « attributional havoc ». Cette situation a perduré au cours des dernières décennies, notamment en raison d’une tendance à ne pas expliciter les critères des attributions, qui sont souvent formulés de manière apodictique. Dans ma présentation, je proposerai inversement une approche plus systématique : en discutant une série de cas exemplaires, j’examinerai les critères intrinsèques (en particulier le style et la matérialité) et extrinsèques (la provenance, les attributions historiques, le rapport avec d’autres œuvres) et leur pertinence pour la pratique de l’attribution, dans l’intention de développer une méthodologie plus transparente et donc plus ouverte à la discussion scientifique.

14h30 - Toward a study of watermarks in the Carracci drawings at Windsor Castle and beyond

Mary Vaccaro, Distinguished Research Professor, University of Texas, Arlington

Lodovico Carracci (1555–1619) and his younger cousins Agostino (1557–1602) and Annibale (1560–1609) prided themselves in working together. Not surprisingly, the Carracci corpus remains one of the most contested in the study of Old Master drawings. Whether we insist on parsing the hands of individual artists — a traditional approach that the trio’s collective aesthetic, by definition, resists — technical analysis nonetheless permits fresh insights. For example, Rudolf Wittkower’s groundbreaking catalogue of the nearly 500 drawings by the Carracci in the Royal Collection at Windsor Castle (1952) makes no mention of watermarks. Yet careful attention to the paper on which the Carracci drew helps us sort out questions of dating if not authorship.

15h - Pause 

15h30 - Agostino, Annibale Carracci, deux frères, une communauté artistique et des singularités

Catherine Loisel, conservateur honoraire 

16h - The Critical Reception of the Drawings by Annibale Carracci in Britain: the Farnese Gallery

Elania Pieragostini, Senior Curator, Devonshire Collections

This paper investigates the critical reception of the drawings by Annibale Carracci in Britain, focusing on the sheets related to the Farnese Gallery. By tracing the formation, circulation and dispersal of major British collections from the seventeenth to the nineteenth century, the study reconstructs the collecting patterns and critical responses that shaped the fate of the Farnese drawings. It situates these dynamics within the broader evolution of British taste, art theory and graphic connoisseurship: from the eighteenth-century favouring a “Roman” Annibale mediated by Resta and Richardson, through the nineteenth-century critique of Carracci academicism articulated by Fuseli and Ruskin, to the consequences visible in the contemporary art market. The Farnese drawings thus emerge as a revealing case study of a persistent tension between academic rigour and ideals of invention, spontaneity and individual genius.

16h30 - Questions

17h - Fin de la journée d'étude